Les BRICS signent leur propre banque de développement

22.07.2014 Auteur : Le Monde/Courrier International

Réunis à Fortaleza au Brésil, les cinq chefs d’états des pays formant le désormais célèbre « BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), ont signé la création d’une banque de développement et d’une réserve de change commune. Allant au-delà de l’acronyme économique, les BRICS actent en ce 15 juillet 2014, une volonté commune de créer leurs propres institutions.

Basée à Shanghai, cette banque aura pour objectif principal d’aider les projets de développement, notamment en ce qui concerne les infrastructures, problème récurrent dans des pays comme l’Inde ou le Brésil. La banque se veut différente des institutions économiques existantes, dirigées par les nations occidentales. Les obtentions de prêts, par exemple, seront facilitées et n’amèneront pas à des ingérences politiques, jugées inacceptables par certains pays en développement. Une facilité qui pourrait attirer des nations telles que l’Argentine qui accuse les ingérences d’être à l’origine de sa santé financière actuelle.

Autre création ce 15 juillet; l’accord-cadre établissant une réserve de change commune qui aura pour but de se prémunir contre les éventuelles répercutions d’un changement de taux de change du dollar. En 2013, la nouvelle politique monétaire des Etats-Unis avait entrainé une vaste fuite de capitaux depuis les BRICS. Jugée peut être trop symbolique par la hauteur de la réserve (100 milliards de dollars), la décision remporte néanmoins un franc succès chez les chefs d’états concernés.

En créant ces deux institutions, les BRICS font montre de leur motivation pour changer l’image du pouvoir géopolitique mondial actuel. Mais le projet rencontre des réserves de la part de certains économistes et experts aux vues d’une possible tutelle de la Chine et des récentes activités de la Russie en Crimée. L’expérience se révèlera donc par « l’épreuve des faits » commentait Jean-Pierre Lehmann, spécialiste de politique économique internationale à l'IMD, pour le Journal Le Monde.

Les signatures ont été suivies de nombreuses rencontres diplomatiques. Hier, la Chine et des pays de l’Amérique Latine étaient à l’honneur. Pékin qui confirme ainsi son intérêt certain pour le continent qui avait déjà mobilisé 20% de ses investissements l’année dernière.

Les BRICS ne comptent donc pas laisser leur place au cœur des problématiques économiques mondiales et restent hautement dynamiques face aux challenges de demain.