Nouvelles positives Brésil !

25.05.2007

Foto: EPA

Le Brésil, un nouveau miracle économique ?

La conjoncture semble s'améliorer sensiblement, les principaux indicateurs économiques et financiers brésiliens virent au vert. Selon, le président Luiz Inácio Lula da Silva "nous vivons le meilleur moment de l'économie de toute la République".

Le contexte international est porteur. Mais d'indéniables progrès ont été accomplis. La dette publique a été ramenée à 45 % du PIB à la fin 2006. Et la croissance commence enfin à accélérer. Elle a atteint 3,7 % en 2006 et les économistes prévoient une expansion de 4 % cette année. Le tout sur fond d'inflation maîtrisée et de vigueur de la demande interne. Pour certains, le géant latino-américain serait au seuil d'un nouveau « miracle économique ».

Aujourd'hui, la banque centrale s'efforce de poursuivre une politique monétaire restrictive. Et les investisseurs financiers ont retrouvé confiance. Le fameux « risque pays » est tombé à son plus bas niveau historique. Les investissements directs étrangers affluent. Comme en témoigne la visite du président de BNP Paribas, Michel Pébereau, à São Paulo pour exprimer « toute sa confiance » à l'égard de l'économie brésilienne et de la discipline budgétaire pratiquée par le gouvernement Lula.

Toutefois, tout n'est pas gagné. Les investisseurs se plaignent toujours de taux d'intérêt réels trop élevés (autour de 9 %), et le Brésil a encore de sérieux défis à relever en matière d'infrastructures.

La valorisation du real, jugée excessive par les exportateurs, a mis à nu le manque de compétitivité de certains secteurs. Mais, pour Lula, qui a remporté les élections de 2002 lorsque le dollar valait presque 4 reals, le fait que le billet vert soit récemment repassé en dessous de la barre des 2 reals est presque devenu un motif de satisfaction.


Un projet crédible : La banque du Sud ou Bancosur

Défendu par le président du Venezuela, Hugo Chavez, ce projet permettrait aux pays latino-américains de s'affranchir de l'emprise du FMI et de la Banque mondiale. Organismes dont le discrédit, voire la détestation n'a cessé de grandir sur le sous-continent.

Ainsi, la « Bancosur », ou Banque du Sud, revient sur le devant de la scène. Elle a occupé une large place lors du sommet du Mercosur (1) à Asuncion, au Paraguay. La Bancosur leur permettrait d'aller plus loin, en leur permettant d'affronter les crises futures, mais aussi en finançant des projets de développement, notamment dans les infrastructures où les besoins sont criants.

La conjoncture actuelle rend ce projet beaucoup plus crédible qu'auparavant. Dopée par les cours des matières premières, la région connaît une croissance dynamique, portée notamment par le spectaculaire rebond de l'Argentine, qui flirte depuis quatre ans avec les 9 % de croissance annuelle, par le redémarrage de l'économie brésilienne et par les 50 milliards de dollars de recettes pétrolières qu'engrange chaque année le Venezuela.

Selon les promoteurs du projet, la « Banque du Sud » pourrait capter quelque 200 milliards de dollars de réserves accumulées par les principaux pays latino-américains. Cette initiative est soutenue activement par l'Argentine, l'Equateur et la Bolivie, mais le Brésil s'est montré jusqu'ici plus circonspect.

(1) Union douanière regroupant le Brésil, L'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay et depuis peu, le Venezuela. Source : Les Echos, 25 Mai 2007